Le marquage d’un pare-brise est le petit bloc d’inscriptions gravé ou imprimé dans un coin du verre. Il dit trois choses : le pare-brise est homologué selon le règlement ECE R43 sur les vitrages de sécurité (un E et un numéro dans un cercle, puis « 43R » suivi d’un numéro), de quel type de verre il s’agit, et qui l’a fabriqué et quand. Les mentions AS1, DOT et M, souvent présentes aussi, viennent de la réglementation des États-Unis. Le logo du constructeur de la voiture, quand il y figure, signale un pare-brise d’origine.
Quand nous remplaçons un pare-brise, nous lisons ce marquage avant et après la pose : il nous permet de vérifier que la nouvelle pièce correspond bien à celle d’origine. Voici comment le lire vous-même.
Où se trouve le marquage d’un pare-brise
Le marquage est placé dans l’un des coins inférieurs, parfois dans un coin supérieur, en général sur la bande noire sérigraphiée qui borde le verre. Il est gravé ou imprimé à la fabrication et ne s’efface pas : le règlement exige une marque lisible et indélébile. On le lit depuis l’extérieur de la voiture, souvent plus facilement en se penchant pour que la lumière rase le verre.
Toutes les vitres de la voiture en ont un : vitres latérales, lunette arrière, toit vitré. Le contenu change selon le type de verre, mais la logique est la même.
Le E dans un cercle et le numéro 43R
Le cœur du marquage est la marque d’homologation définie par le règlement n° 43 de la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (souvent appelé ECE R43), qui fixe les exigences des vitrages de sécurité. Elle se compose de deux éléments :
- un cercle contenant la lettre E suivie d’un numéro : c’est le pays qui a délivré l’homologation. E1 correspond à l’Allemagne, E2 à la France, E3 à l’Italie, E4 aux Pays-Bas, et ainsi de suite. Un pare-brise marqué E1 peut très bien avoir été fabriqué ailleurs ;
- « 43R » suivi d’un tiret et du numéro d’homologation, par exemple 43R-00xxxx. Les deux premiers chiffres indiquent la série d’amendements du règlement en vigueur lors de l’homologation.
À proximité, le règlement impose des symboles complémentaires qui précisent le type de vitrage :
| Symbole | Signification selon le règlement ECE R43 |
|---|---|
| I | Pare-brise en verre trempé |
| II | Pare-brise en verre feuilleté ordinaire, le cas le plus courant |
| III | Pare-brise en verre feuilleté traité |
| IV | Pare-brise en verre plastique |
| V | Vitrage dont la transmission de la lumière est inférieure à 70 % |
| VI | Vitrage multiple |
| /P | Vitrage revêtu d’une couche de matière plastique sur la face interne |
Un pare-brise de voiture actuel est presque toujours en verre feuilleté : deux verres collés sur un film plastique, qui reste en place et transparent en cas de bris. Le symbole V ne doit jamais apparaître sur un pare-brise, puisqu’il désigne un vitrage trop sombre pour la vision du conducteur ; on le trouve en revanche sur des vitres arrière surteintées.
AS1 : la transmission lumineuse d’un pare-brise
La mention AS1 ne vient pas du règlement ECE R43 mais de la norme américaine ANSI/SAE Z26.1, à laquelle renvoie la réglementation fédérale des États-Unis sur les vitrages (FMVSS 205). Beaucoup de pare-brise vendus en Europe la portent, parce que les verriers fabriquent pour plusieurs marchés.
- AS1 : verre feuilleté utilisable partout sur un véhicule, y compris comme pare-brise, avec une transmission de la lumière d’au moins 70 %.
- AS2 : verre utilisable partout sauf comme pare-brise, avec la même transmission minimale.
- AS3 : verre dont la transmission est inférieure à 70 %, réservé aux endroits qui ne servent pas à la vision de conduite.
Sur certains pare-brise, une ligne marquée AS1, avec une petite flèche, indique la limite de la bande teintée du haut : au-dessus, la transmission peut descendre sous 70 %. En France, l’article R316-3 du Code de la route fixe le même seuil pour le pare-brise et les vitres latérales avant : un facteur de transmission de la lumière d’au moins 70 %.
Deux autres mentions américaines accompagnent souvent AS1 :
- DOT suivi d’un numéro : le code que l’administration américaine de la sécurité routière attribue à chaque verrier. Il identifie le fabricant du verre, pas le constructeur de la voiture.
- M suivi de chiffres : le numéro de modèle du verre chez ce fabricant, qui renvoie à sa composition (épaisseur, teinte).
Lire la date de fabrication
La date se lit en général grâce à un chiffre et une série de points, parfois placés sous le logo du verrier. Le chiffre est le dernier chiffre de l’année ; les points indiquent le mois. Selon la convention la plus répandue :
- des points avant le chiffre désignent le premier semestre. Le mois se compte à rebours : 6 points pour janvier, 5 pour février, et ainsi de suite jusqu’à 1 point pour juin ;
- des points après le chiffre désignent le second semestre : 6 points pour juillet, jusqu’à 1 point pour décembre.
Par exemple, « ●●●● 4 » se lit mars d’une année finissant par 4, et « 4 ●● » novembre. Cette convention n’est pas universelle : certains verriers impriment le mois et l’année en clair ou utilisent une autre notation. Comme le chiffre ne donne que la dernière décimale de l’année, il faut le rapprocher de l’âge de la voiture. Un pare-brise nettement plus récent que la voiture a en général déjà été remplacé.
Logos du verrier et du constructeur : ce qu’ils indiquent
Le règlement ECE R43 impose que chaque vitrage porte la marque de fabrique ou de commerce de son fabricant. C’est le logo du verrier : sur un pare-brise Saint-Gobain, par exemple, on lit en général le nom Sekurit, la marque automobile du groupe ; on trouve aussi AGC, Pilkington, Fuyao ou d’autres. Ce logo dit qui a fabriqué le verre.
Le logo du constructeur de la voiture (Peugeot, Renault, Volkswagen…) apparaît quand le pare-brise a été produit pour ce constructeur, sur le montage d’usine ou pour son réseau de pièces de rechange. C’est le signe le plus simple d’un pare-brise d’origine. Son absence ne veut pas dire que la pièce est de moindre qualité : le même verrier vend souvent la même référence sans le logo du constructeur. La différence entre ces pièces est expliquée dans le guide pare-brise d’origine ou équivalent.
On voit aussi parfois des pictogrammes propres au verrier : une oreille ou la mention « acoustic » pour un verre acoustique, un symbole pour un pare-brise chauffant ou athermique. Ils ne sont pas définis par le règlement ECE R43 et leur forme varie d’un fabricant à l’autre. Enfin, un verre vendu sur plusieurs continents porte souvent les marques d’homologation d’autres pays, comme la Chine ou le Brésil.
Quand nous commandons un pare-brise pour un remplacement, nous relevons ces informations avec les options de la voiture, pour poser exactement la bonne référence. Si vous voulez savoir ce que porte le vôtre avant un devis, envoyez-nous une photo du marquage avec votre demande de devis.
L’essentiel
- Le marquage se trouve dans un coin du pare-brise, sur la bande noire.
- E + numéro dans un cercle et 43R : homologation selon le règlement ECE R43 et pays qui l’a délivrée (E2 pour la France).
- II : pare-brise en verre feuilleté ordinaire, le cas le plus courant.
- AS1, DOT, M : mentions de la norme américaine (transmission d’au moins 70 %, code du verrier, modèle de verre).
- Un chiffre et des points donnent la date ; le logo du constructeur signale un pare-brise d’origine.




